Le PSOJ (Private Sector Organization of Jamaica), qui réunit des associations et sociétés du secteur privé, et le JEF (Jamaica Employee Federation) se sont prononcés hier pour des mesures drastiques afin d'endiguer la violence qui sévit en Jamaïque, révèle le Jamaica Gleaner. Le PSOJ réclame un changement de législation pour lutter plus efficacement contre le crime, affirmant que la Jamaïque "utilise une législation normale pour faire face à des circonstances anormales".
Parmi les mesures demandées, des peines plancher de 15 ans pour toute inculpation liée aux armes à feu, ainsi qu'un durcissement des peines pour les récidivistes (à partir de trois condamnations) qui encourraient 25 ans de prison minimum avec ces amendements. La situation empire de mois en mois. En dépit d'une année 2007 particulièrement meurtrière (news du 17/12/2007), les chiffres ne cessent d'augmenter. En mai, 199 personnes ont été tuées par balle, portant à 800 le nombre de victimes depuis le début de l'année.
Le ministre de l'Intérieur, le colonel Trevor Mac-Millan, n'a pas souhaité commenter à chaud ces propositions. En revanche, Nancy Anderson, juriste au Conseil Indépendant de Jamaïque pour les Droits de l'Homme, s'est opposée à l'introduction des peines-plancher, qui doivent selon elle rester de l'unique ressort des tribunaux. Elle a également rappelé que le Fingerprint Act autorise déjà la police à recueillir les empreintes digitales et à prélever des échantillons d'ADN sur les suspects sans l'accord d'un juge.