"L'age d'or de la musique jamaïcaine est derrière nous" : c'est avec ce pléonasme que Chris Blackwell décrit la scène musicale de son île. Le célèbre producteur, fondateur de Island Records, a tenu ces propos lors du Mayberry Monthly Forum on Investment, un rassemblement de gros investisseurs qui avait lieu dans au Knutsford Court Hotel de Kingston mercredi dernier, raconte le Jamaica Observer.
Lorsque qu'une personne dans l'assistance demande à l'ancien producteur de Bob Marley & the Wailers son avis sur le dancehall, la réponse de Blackwell ne souffre pas discussion : "Je crois que l'âge d'or de la musique jamaïcaine est définitivement derrière nous, je pense vraiment cela". Et de s'expliquer : "il y avait une telle richesse musicale en Jamaïque, depuis les années 60 jusqu'aux années 80, particulièrement pendant les 60s et les 70s. Une musique tout bonnement incroyable, une montagne d'enregistrements."
"Je veux m'arrêter une seconde pour souligner que seuls l'Angleterre et les Etats-Unis ont produit aussi régulièrement des tubes pendant si longtemps. Aucun autre pays ne l'a fait. Le Brésil a fait de la musique incroyable pendant deux, trois, quatre ans, puis a disparu. La Jamaïque n'a pas fait que d'avoir une musique incroyable, elle a aussi énormément inventé. Je souligne cela pour que les gens se rendent bien compte."
Et de poursuivre sur l'apport fondamental de la Jamaïque dans les musiques électroniques, avec la naissance du dub. "Ce son que l'on n'avait jamais entendu auparavant, cela a démarré ici. Maintenant on l'entend partout dans le monde (…). Tous les pays du monde font du dub aujourd'hui. Le meilleur dub qui est joué en ce moment vient d'Inde."
Tout le monde essaie d'émuler ce qui a été fait en Jamaïque par les pionniers comme U-Roy et les autres, ce qui a conduit à la création de ce que l'on appelle aujourd'hui le rap.
Questionné sur le dancehall, Blackwell reconnaît en apprécier quelques morceaux, et ne pas en aimer d'autres. "J'aime la musique, balaie-t-il, la musicalité. Mais dans les musiques populaires l'attitude est importante. Mais dans le cas du dancehall, elle prend parfois le pas sur la musique."